Quesako ? Entretien avec… Alice

Quesako ? Entretien avec…
L’équipe de communication du CRC Strasbourg a imaginé lors d’une réunion qu’une
interview bimestrielle d’un de nos membres paraitrait sur notre site.
Bon, il faut l’avouer, c’est plutôt semestriel !
 
 
Entretien avec… Alice Lavanant et Jean François.


Mike : Bonjour Alice,
Après avoir choisi Sébastien pour le premier entretien puis Cédric pour le deuxième.
Nous, voici sur une troisième expérience pour cette rubrique. Pourquoi toi ?
Il y a quelques semaines tu as fait vibrer l’ensemble du groupe à travers cette
expérience extraordinaire dont tu as pris part en cette fin juin 2023.

La Race Across France à vélo.
Pour cet entretien, j’ai voulu associer ton partenaire lors de cette épreuve, Jean-François
qui n’est autre que ton papa (si il le souhaite car il n’est pas adhérent au CRC
Strasbourg).

Quelques questions plutôt généralistes pour te présenter.


Mike : Tout d’abord, comment as tu connu le CRC Strasbourg ?
Alice : En revenant sur Strasbourg en 2020, je voulais trouver un groupe ou club de
course à pied pour me motiver plus facilement à courir régulièrement et rencontrer de
nouvelles personnes. En cherchant sur facebook, j’ai rapidement trouvé le CRC et
j’ai vite accroché avec les valeurs et l’ambiance des entraînements.


 

Mike : As tu toujours vécu en Alsace ? Ou alors, peut être es tu une française de
l’intérieur ?

Alice : J’ai grandi de l’autre côté de la France, à Nantes, dans le grand ouest ! Et
après un court passage de 2 ans en licence, je suis de retour à Strasbourg pour ma
thèse (depuis 2020).

Mike : Quels sont les sports que tu as pratiqué avant la course à pied ?
Alice : J’ai commencé la course à pied en club d’athlétisme vers 15 ans et avant ça
j’avais fait un peu de natation et de gymnastique.
 
Mike : Je crois savoir qu’il n’y a pas que le sport dans ta vie. Ta matière grise
fonctionne à plein régime, il me semble.
Si tu peux nous en dire un peu plus sans obligation bien entendu. Il manquerait plus
que tu sois une Mata hari.

Alice : haha ! Je fais de mon mieux pour entraîner ma matière grise à la démarche
scientifique, en réalisant une thèse dans le domaine de l’immunologie (en recherche
médicale).

Mike : Après, une succincte présentation de toi . Revenons à cette folle expérience
de ce début d’année 2023. Le vélo, a quel moment as tu décidé de faire du vélo
(route) sérieusement ou plutôt de manière assidue ?

Alice : Depuis longtemps je voulais faire du triathlon, et pour cela il me manquait un
vélo de route. C’est seulement en novembre 2021 que j’ai eu mon premier vélo de
route et en 2022 j’ai pu participé à mes premiers triathlons avec entre autres le S de
l’elsassman en compagnie d’une super équipe du CRC. La pratique du vélo de route
m’a beaucoup plus plu que ce que je pensais donc j’ai enchaîné pendant l’été avec
mon premier voyage solo à vélo de route de Strasbourg à Aix-en-Provence. Ce qui
m’a permis d’appréhender la longue distance en solo au rythme de rando vélo (que
je connais bien pour en avoir déjà fait qqunes avant). Pour l’entraînement assidu, je
m’y suis mise sérieusement 6 mois avant la RAF.
 
Mike : Qu’est ce qui a été déclencheur pour prendre un dossard pour la Race Across
France ?

Alice : C’est un concours de circonstances qui nous a fait prendre nos dossards pour
la RAF 2023. J’avais pu suivre un ami sur la RAF en 2022 et découvrir l’incroyable
parcours du 1000km qui traverse les Alpes. Je sortais de plus de 1200km de vélo
pendant l’été Et je savais que je pourrais dans les 6 mois précédant la course
m’organiser au mieux avec le travail pour pouvoir m’entrainer. 
 


Mike : Pourquoi une inscription en duo avec ton papa. D’ailleurs à partir de cet
instant de l’entretien, j’aimerai également que Jean François y participe. Et pour Jean
François pourquoi en duo avec ta fille ?

Alice : Le seul point qui m’empêchait de passer le cap de l’inscription en solo après
seulement 1 an et demi de pratique du vélo de route était mon manque (ou ma trop
petite) d’expérience, notamment au niveau technique/réparation. Donc quand j’ai

appris que mon père voulait se lancer dans une course d’ultradistance, je savais
qu’on pourrait faire une chouette équipe !
Jean François : Nous randonnons tous les étés à vélo type VTT sacoches en
autonomie depuis env. 10 ans en Europe avec ma femme et mes 3 filles, déjà sur
une idée d’Alice. J’ai pratiqué le vélo de course en compétition jusqu’à 18 ans mais je
ne roulais sur ce type de vélo que certains débuts ou fins d’été pour des ascensions
ponctuelles dans le Briançonnais pour le plaisir avec mon vélo des années 80… on
s’attache. Mais suite à l’acquisition d’Alice, je me suis décidé pour rajeunir mon
équipement pour un Look 461 tout carbone de 2004 d’occasion (je suis passé des
générations Hinault à Jallabert… on fait ce qu’on peut) et l’idée a germé de faire de la
rando solo longue distance avec des pneus en 28mm sur une grosse semaine de
Nantes au Lubéron. Lorsqu’Alice m’a proposé son projet de RAF, j’ai pris le temps de
la réflexion car l’idée de compétition n’était alors pas dans ma manière
d’appréhender la longue distance. Mais après information, j’ai compris que l’esprit
des RAF était assez ouvert et les temps maxi atteignables. J’ai donc totalement
adhéré au projet de duo avec ma fille, il faudrait juste trouver le temps de m’entraîner
suffisamment, ce qui n’est pas le plus facile.


 
Mike : Pouvez vous nous dire comment vous avez abordé la préparation ?
et surtout y a t’il des obligations de distances à fournir un peu comme les obligations
sur les trails genre UTMB.

Alice: Pour la première fois, cette année, la Race Across France demande
effectivement des fournir des références (au moins 300km en course, ou 500km en
solo). J’ai été très contente de rencontrer Cédric du CRC en début de prépa et avec
qui j’ai pu faire une bonne partie des sorties longues pendant cette prépa. Il m’a vite
parlé des BRM (Brevet des Randonneurs Mondiaux) organisés par les Randonneurs
de Strasbourg. J’ai donc fait ces BRM (200km en mars, 300km en avril, 400km en
mai) pour valider les références nécessaires à l’inscription, et ça a aussi été de très
bons entraînements qui ont structurés ma prépa, avec une augmentation la plus
progressive possible du volume et la découvre de pleine de belles routes
alsaciennes entre autres. J’ai complété la prépa par deux gros week-end (environ
350km et 5000m D+), dont une traversée des Vosges.
Jean François : J’ai roulé sur des distances allant jusqu’à 130km dans le vignoble
nantais parfois gravel. La RAF 1000KM étant intégralement en montagne, il me fallait
intégrer le gros facteur dénivelée positive qui manque à Nantes. J’ai donc fait les 2
derniers BRM 300 et 400 km d’Alice accompagné de Cédric entre Vosges et Forêt
Noire, qui tombaient bien environ 2 et 1 mois avant la RAF.

Photos ci-dessus : Avec Cédric lors de BRM en mars et avril.
 
Mike : Une épreuve sur plusieurs jours, comment avez vous abordé l’alimentation et
la gestion du sommeil ?

Alice: Notre objectif était de finir, donc on n’avait pas de prévu de limiter notre
sommeil pour gagner du temps mais plutôt de dormir au mieux pour pouvoir profiter

pleinement de l’expérience. Les gros week-end vélo m’ont permis de me rendre
compte que j’avais besoin d’un bon repas en fin de journée et d’une nuit qui
commence vers 22h. Donc on est parti sur ce rythme pour la course. Pour
l’alimentation, j’ai testé, à l’entraînement, pas mal de sucré et sur les sorties longues
j’ajoutais des noix de cajou salées et des pauses boulangeries pour varier les
plaisirs. Et cette « stratégie boulangerie » convenait bien à mon père aussi.
Jean François : Côté sommeil, le but étant de finir les 1000km, nous avions tablé
pour un minimum de 4h par 24h idéalement 6h d’arrêt pédalage auquel nous nous
sommes tenus. Personnellement je m’endors très rapidement et je supporte très bien
les courtes nuits. Le redémarrage se faisait vers 2h du matin sauf le jour de
neutralisation de la course pour gros orage où il a été donné feu vert par
l’organisateur à 7h du matin, soit un arrêt de près de 12 heures.
Côté alimentation, nous avions chacun un fond sucré et salé pour la route et 1,4 litre
d’eau en 2 gourdes. Dans la journée nous avions un temps arrêt petit déjeuner
boulangerie, achat déjeuner rapide du midi, et repas du soir au lieu du couchage. 


Mike : Si c’était à refaire, vous changeriez quoi sur cette épreuve d’un point de vue
personnel ?

Alice: Je ferai peut être un bikefitting avec ajout de prolongateur en début de prépa
ou au moins une mesure des ischions. Et surtout j’optimiserais mieux le sommeil
pour qu’il soit de meilleure qualité pendant les courtes nuits.
Jean François : Ma préparation était un peu trop légère, pas assez régulière. Je
ferais plus de sorties et plus de dénivelée. J’ai aussi souffert de la chaleur par
économie ou manque d’eau; je prendrais 1 litre supplémentaire et j’essaierais
d’alléger la masse totale du vélo chargé à 14kg tout en intégrant des prolongateurs
pour se reposer dans les parties plus roulantes.
 
Mike : Quel moment particulier, vous retiendriez sur cette épreuve, si il n’y en avait
que un à garder ?

Alice: Je pense que mon meilleur souvenir est la montée du col de la Croix de Fer
(de Saint-Sorlin-d’Arves au sommet) avec le soleil qui se lève. C’était le 2 ème jours de
course, la montée comme la descente (bien fraiche) étaient magnifiques et avec une
bonne ambiance en croisant d’autres participants.
Et si je peux ajouter un deuxième moment particulier et complètement improbable.
C’est à la fin du 3 ème jour quand la course a été neutralisée (à cause de violents
orages, 12h d’arrêt de course ont été imposées par l’orga), on a croisé deux autres
participants aussi trempés que nous et on a fini par trouver un abri dans une maison
d’hôte ensemble. C’était un beau moment de partage loin du vélo et surtout au sec.
Jean François : En complément des 2 moments d’Alice auxquels je souscris
totalement, j’ajouterai l’ascension du col de la Cayolle par la vallée du Bachelard
après l’orage, que j’ai sportivement bien appréciée, et les magnifiques descendantes
et sinueuses gorges de la Bourne qui passent par Pont-en-Royans, un régal pour les
descendeurs, sans oublier la panoramique descente sur Mandelieu.

 
Mike : Je ne vais pas trop vous embêter avec mes questions, un nouveau projet dans
la tête à vélo ou pas ?

Alice: haha ce serait avec plaisir, pourquoi pas partir en solo cette fois. Il y a
notamment la Race Across Switzerland 1000km qui m’a l’air magnifique. Mais la
prépa prend beaucoup de temps et je ne suis pas certaine d’en avoir assez avec la
fin de thèse qui approche.
Jean François : Rien d’arrêté, mais je me demande si la RAF2500KM ne serait pas
envisageable avec une RABelgium ou RAUK 500 ou 1000 en préalable.
 
Mike : Une question matos tout de même, vos vélos respectifs.
Alice: Je suis partie avec mon premier vélo de route un Willier Competizione achété
d’occasion sur leboncoin, qui a été modifié avec une cassette 11/30 (plateau 34/50)
et des pneus en 25mm (jante Vento alu). Pour transporter la nourriture et qqaffaires,
j’avais une sacoche de selle 17L Zéfal déjà testée sur la longue distance lors d’un
Strasbourg-Aix en Provence en 10 jours, été 2022. Et j’avais aussi 1 sacoche de
cadre Vaude et une top tube Apidura 0,5L. Pour l’éclairage une grosse lampe pour
voir (Ravemen CR1000), couplée à une frontale (Décathlon) sur le casque et des
petites lampes avant et arrière pour être vu (Knog plus Front).


Jean François : Mon vélo était un LOOK 461 carbon de 2004 tout Campagnolo 34/50
11/30, jantes alu Mavic Ksyrium SLS, pneus 28mm Hutchinson Fusion 5 all seasons
renforcés kevlar anti-crevaison, freinage patins Campa, une sacoche arrière Zéfal
R17, une sacoche pour intérieur cadre VAUDE, 2 gourdes Zéfal, bidon à outils
médium Zéfal sur support gourde sous le cadre, éclairage principale RAVEMEN
CR1000 guidon, éclairages signalisation fourche 2 Knog plus Front noirs, éclairage
haubans arrières 2 Knog plus Rear noirs.
 
Mike : Une question au papa que je suis également.
A travers cette expérience qu’as tu découvert sur ta fille et si tu devais la définir en
trois mots, lesquels seraient ils ?

Jean François : Plus que découvert, cette aventure aura confirmé qu’Alice est une
excellente organisatrice, elle a le sens de l’effort et de la persévérance dans les
moments difficiles (comme des passages à 18-20% en pleine nuit), elle sait écouter
les autres pour leur apporter les réponses appropriées et elle est aussi sportivement
impressionnante dans les ascensions comme dans les descentes: en 3 mots, je
dirais organisée, exigeante et charmante. J’en profite pour remercier à nouveau Alice
pour avoir rendu possible cette belle chevauchée avant de nouvelles aventures… 
 

Mike : Pour finir cet entretien, je tenais à vous remercier d’avoir jouer le jeu de ces
quelques questions qui ne peuvent pas résumer une si belle aventure. Mais, de la
mettre à nouveau en lumière pour quelques jours dans ce monde ou tout semble
éphèmère.

Mais, pas pour les copains et copines du CRC Strasbourg vu l’engouement que cela
a créé lors des discussions aux entrainements et à travers les divers échanges que
ce soit par mail, réseau privé.

 
Alice, je te laisse le mot de la fin et si tu as une suggestion à apporter au CRC
Strasbourg, n’hésites pas.

Alice : Merci Mike pour ces questions et surtout merci à tout le CRC pour le soutien
que vous m’avez apporté pendant les entraînements (avec notamment de belles
sorties partagées avec Cédric) et tous vos messages pendant la course. Au plaisir de
vous retrouver des baskets aux pieds pendant les entrainements
 
 

Lien de la course : https://france.raceacross.cc/

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